Le déclin commence dès les années 30. Les causes sont multiples : crise économique, exode rural, développement des voitures particulières. Il faut
dire aussi que les correspondances n’ont jamais été commodes sur cette ligne : 4 heures d’attente à Thiviers pour faire Angoulême-Brive le matin.
En 1939 est lancé un plan de coordination rail-route visant à remplacer les petites lignes par des autobus (pensons au car CFD qui a repris le trajet du Tacot entre Excideuil et Périgueux
en 1949). Donc, en avril 40, la ligne Thiviers-Brive doit être fermée au trafic voyageurs.
En fait, à cause de la guerre, il n’en sera rien. Neuf mille réfugiés Alsaciens arrivent en gare d’Excideuil en septembre 39 suivis par des Parisiens ou des gens du Nord fuyant
l’avance allemande. Les soldats voyagent aussi. Les Alsaciens repartent à l'été 40 en train. Des Chantiers de Jeunesse sont installés en 1941 à Saint -Germain et génèrent un trafic intense. En
1943, le trafic voyageurs reprend officiellement par train mixte (c’est à dire transportant aussi des marchandises). Mais la bataille du rail dont le but est de couper toutes les voies de
communication aux Allemands fait rage.
Un bataillon de Géorgiens et d’Ukrainiens enrôlés dans la Wehrmacht passe 3 semaines à Excideuil ; le jour de leur départ, ils sont une trentaine à sauter du train, dans le tunnel de
Clermont pour rejoindre le Maquis.
A la libération de la Dordogne, le réseau ferroviaire est inutilisable mais les voies seront vite réparées. Une arche du viaduc de St-Germain avait sauté mais dès la fin avril 1945, le
trafic peut reprendre.
Dix ans plus tard, en 1955, le tronçon Excideuil-Brive, ainsi que beaucoup d’autres en Dordogne, est fermé à tous trafics mais le transport des marchandises entre Thiviers et Excideuil qui reste
important est maintenu. Parmi les clients de la gare d’Excideuil, on trouvait les fours à chaux de St-Martial qui s’étaient même construit un quai de chargement, le laboratoire Ciella
qui produisait un collyre, les établissements Joudinaud (agro-alimentaire), des marchands de bois, de matériaux... A Corgnac, une scierie s'était même installée dans la cour de la gare. Des
carrières expédient aussi leur production par train. En 1965, à la gare d’Excideuil, on construit la station fruitière d’Essendieras qui, en 1968, expédiera 500 wagons de pommes.
A partir de 1980, le trafic diminue considérablement. Il n’y a plus de clients réguliers. Les entreprises préfèrent
travailler avec les transporteurs routiers. Les maisons de garde-barrière (deux aux Vergnes, portant les numéros 45 et 46) sont vendues à des particuliers.

Le 1er juin 1986, la section Corgnac-Excideuil est fermée.
En février 1991, vient le tour de Corgnac-Thiviers. Le déclassement de la ligne date de juillet 1994. Mais les rails ne sont pas déposés...ce qui permet d’envisager une exploitation
touristique de ce chemin de fer.
lien avec le site du vélo-rail du Périgord
Vert
Le tunnel de Clermont qui porte une plaque "1888" a été condamné à la fin des années 90 par ce solide portail. Dommage ! C'était un but original de promenade... C'est un refuge pour les
chauves-souris, classé site Natura 2000.
Toutes les informations contenues dans cet article proviennent de l’excellent ouvrage de M. Georges Thomas “Un siècle d’histoire ferroviaire
d’Angoulême à Brive”. Je remercie également M. Lamoure pour son soutien.
J Calandreau