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pour tout savoir sur les activités des associations de Clermont

Nos vignes

Jusqu’aux années 70-80, tous les agriculteurs de la commune, du Verdier à Javerzac, de Puyssegeney à la Vergne, cultivaient leurs propres vignes afin d’être totalement autonomes pour le vin, comme ils l’étaient pour les oeufs, les légumes, la volaille, le lait. Certains vendaient même une partie de leur récolte mais le vin était moins côté que celui produit sur le Causse (par exemple à Saint-Pantaly, Coulaures ou St-Germain).

Il est bien connu que les vignes de France (et d’Europe) ont été dévastées au 19ème siècle par le phylloxéra (un insecte de la famille des pucerons) mais la viticulture était bien repartie avant 1900 grâce aux cépages américains.

Alors pourquoi les producteurs locaux ont-ils réduit leurs surfaces ? De 1953 à 1957, des primes sont données par l’Etat qui mène une politique de lutte contre l’alcoolisme pour inciter à l’arrachage des vignes. Cela fonctionne très bien en Dordogne et ce système s’arrête après l’hiver 56 où le gel a bien contribué à réduire le vignoble. C’est la Communauté Européenne qui prendra le relais en 1976. Les agriculteurs gardent alors une surface réduite, uniquement destinée à la consommation familiale. Dans la vigne poussaient des pêchers. Des figuiers étaient souvent plantés à proximité. Les terrains viticoles avaient une fiscalité bien plus élevée que les autres terres cultivées mais avoir de la vigne donnait le droit de distiller de l’eau-de-vie (la goutte).

La vigne demandait beaucoup de travail, précis et régulier comme la taille (et l’enlèvement des sarments coupés), l’épamprage, les traitements à la bouillie bordelaise contre l’oïdium et le mildiou. Il fallait labourer entre les rangs à la charrue vigneronne, décavailloner et finir le désherbage à la pioche. Le vin produit avait un faible taux d’alcool (7-8°) ce qui rendait difficile sa conservation : « il filait » dès les premiers beaux jours, c’est à dire devenait aigre et on ne pouvait pas faire « la soudure » c’est à dire le consommer jusqu’à la récolte suivante.

Les cépages utilisés étaient le Seibel, le 503, le 26-205 (noir- on dit couramment 26 000) et le Rayon d’Or (blanc) et aussi le Baco, plus précoce, à récolter en avance et à consommer rapidement. On trouvait encore quelques pieds des cépages interdits à la plantation depuis 1934 (le Noah blanc, l’Othello noir). Ils auraient rendus fous leurs consommateurs... Le Noah était efficace en mélange pour faire monter le taux d’alcool. 

Il fallait posséder à la ferme le matériel approprié :

- un fouloir dans lequel on vidait les paniers de raisin en bout de vigne dans de vieilles barriques,

- une cuve où on laissait fermenter la récolte ( traditionnellement, il fallait la fouler aux pieds - un système de planches repoussées sur la « vendange » faisait le même effet )

- des barriques bien propres (rincées, souffrées...) pour ranger le vin dans la cave fraîche (on ne le mettait pas en bouteille !). On pouvait en acheter à la Coopérative Agricole à Excideuil.

Pour les vendanges ( pas avant la fin septembre, voire octobre), on demandait à la famille et aux voisins de venir aider - un jour chez l’un, un jour chez l’autre. Le repas de midi était copieux : soupe, salade de tomates, poule farcie ou autre volaille de la basse-cour ...

Après 2-3 semaines, il fallait soutirer c’est à dire transférer le vin de la cuve aux barriques.

Puis on pressait la vendange (les rafles nues et le peu de vin qui restait) et on fermait les barriques.

C’était le moment de contacter M. Virefléau (le Bost noir) qui était le bouilleur de cru du secteur pour distiller l’eau de vie. Chaque propriétaire avait droit à 1000 degrés d’alcool, soit 20 litres à 50°. L’eau-de- vie était en bonne partie utilisée pour la conservation de fruits (prunes, cerises...) et les apéritifs maison (vin de noix, de pêche...).

Les derniers vignerons locaux ont fait arracher leurs rangs ces dernières années et la plupart de ces parcelles sont devenues des prés. D’autres sont à l’abandon. On trouve parfois des pieds de vigne encore vivants dans des recoins de jardin ou près des bois...

Une seule famille Clermontoise (les Turenne, à Autrevialle ) produit encore son vin. Leur vigne (photos ci-dessus) se trouve en limite avec Saint-Martial.

Une vigne, naguère très productive, appartenant à Gilles Viacroze est désormais gérée par une jeune femme, liée à un groupe de passionnés de viticulture à St-Pantaly.

Merci aux ex-viticulteurs de Clermont et des environs pour leur aide en particulier à Bernard et Dany Dupuy chez qui j'ai pu photographier le matériel. Et à Violette et Patrice pour les images de leur vigne.
Vous avez des remarques, des photos, des connaissances, des recettes d'apéritifs traditionnels à ajouter... Contactez-moi pour les publier.
Notre amie Paulette Boukhalo (St Martin d'Excideuil) nous offre ce poème.

 

Périgord de mon enfance

 

Arrivée vers les années 1955, au pays des cailloux

Tout me semblait fou !

 

Mon chat Mickey sous le bras

J'atterris au Cayrifour

A Excideuil sur Loue

 

Au pied de ma colline

Surnommée Las Vignas

Les vignes en bon français

Ma maison simple bâtisse

Du temps jadis

Offrit au passant émerveillé

Des rangs de vigne alignés

 

La vigne, noble culture

Offrit un vin fort acide

Mais délicieux et le meilleur de la région

Selon mon noble père

Qui le baptisa

« Le Clos Picaud »

 

Grâce à l'amabilité de mes chers voisins

Un attelage incoomparable se forma

Une mule entra en action

En creusant les sillons...

 

Ce vin ne fut jamais un grand millésime

Mais enchanta les papilles

Des convives de passage

A l'image de mon père se prenant

Pour un grand producteur de Bergerac local...

 

Vigne laissant sa place maintenant

A une prairie enchantée

Parsemée d'arbres et de fleurs sauvages

A l'ombre de l'été.

 

Vigne, tu fus pendant longtemps

L'image noble des paysans de la région

Périgord Vert ouvre tes ailes

Que ta renommée s'installe

Au pays où chantent encore des milliers de cigales.

 

 

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