Il avait neigé. Devant l'épaisseur de la couche de neige qui recouvrait notre chemin, nous avions renoncé à prendre notre voiture pour descendre à Exicideuil. Il fallait
lui épargner d'affronter les éléments. Et puis une marche de quelques heures, à deux, dans un air vivifiant et au milieu des champs de neige nous ferait du bien ; tant de personnes vont ainsi
s'oxygéner dans la montagne.
La promenade en descente s'est révélée très agréable : le paysage, pourtant familier, était devenu féérique, et la lumière filtrée de l'après-midi donnait aux nuages et à la neige
des tons de grisaille du plus bel effet. Excideuil nous est apparu morne et vide. Les commerçants se plaignaient de cette mauvaise saison, qui durait plus qu'à l'habitude.
Nos emplettes faites, nous avons pris le chemin du retour. Le soleil s'était masqué sur l'horizon, et une pluie fine et drue s'est mise à tomber. Transis, nous avons senti notre
enthousiasme tomber avec elle.
Nous avions à peine longé le cimetière d'Excideuil, qu'une voiture nous a rejoints et dépassés. Elle s'est arrêtée dans la côte quelques mètres plus loin. C'était B.C qui
ramenait son fils du collège. La route à cet endroit était encore praticable. Elle nous a proposé gentîment de nous prendre en charge, ce que nous avons accepté volontiers. Elle voulait allonger
son trajet et nous ramener chez nous, mais nous l'en avons dissuadée : au-delà du signal d'Autrevialle, nous en avions la certitude, elle risquait de trouver des difficultés que nous ne
méritions pas qu'elle affrontât. Elle nous a donc laissés au carrefour suivant.
Et nous avons repris notre chemin, rattrapés momentanément par deux randonneurs invétérés qui, par leurs sourires, leur allant et leurs paroles complices, ont réveillé notre
énergie. Nos itinéraires se sont séparés au croisement suivant. La pluie redoublait, le soir tombait qui ressemblait déjà à la nuit. Nous redoutions le verglas qui pouvait nous trahir à
chaque pas sur ce sol gelé et encore enneigé par plaques. Une voiture s'est alors fait entendre derrière nous, la seule que nous ayons vue se risquer sur ce parcours. C'était C.T qui, lui
aussi, revenait du collège avec son fils. Il nous a reconnus et s'est arrêté. Son trajet passait par chez nous ; il nous a proposé d'embarquer. Quelle satisfaction ! Habitué aux conditions
difficiles, il avait confiance en son véhicule et conduisait en expert dans cette montée semée de pièges. C'est donc sans problème que nous avons regagné nos pénates, bien satisfaits de notre
après-midi..
C'est ainsi que se vit aussi la solidarité à Clermont d'Excideuil. C'est sympa, non ?