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Bravo pour l'orthographe

Bravo pour l'orthographe

Au concours départemental de dictée, notre club s'est une nouvelle fois illustré cette année en plaçant deux  candidates dans les dix premiers lauréats, sur quatre-vingt-huit inscrits. On ne se lasse pas de ces beaux succès.

 

A titre d'entraînement voici le texte de la dictée dont le thème annoncé était "les bastides". :

 

Le roman des bastides

 

            Nous voici à Lanquais où nous évoquerons les bastides et plus généralement les cités médiévales. On n’oubliera pas que la plupart des villes franches d’Aquitaine devaient leur existence au souci hégémonique des royautés française et anglaise. Les deux monarques, combatifs dans ce contexte belliqueux, s’étaient dit :

 

« Bâtissons une ville dans cet univers exsangue, qu’ont déserté les populations rurales. Elle offrira un asile  aux chemineaux, ces asociaux qui sillonnent nos routes, et aux déshérités des faubourgs et des banlieues rendus inhabitables par l’insalubrité et le désordre. Il serait bon que nous octroyions une charte à ses habitants, qui garantisse leur fidélité à notre dynastie, et les oblige à exercer leur liberté* solidairement et honnêtement, par les bienfaits du commerce et de l’artisanat. Accordons-leur quelque monopole original, et quelques territoires fertiles* qui pourvoiront à leur subsistance. »

 

Ainsi fut fait. Enserrée dans ses solides remparts, la nouvelle cité s’organisa autour d’un espace public où trônait la halle, vers laquelle convergeaient des ruelles tracées géométriquement. Des consuls régulièrement élus veillaient ensemble au respect des statuts de la ville, réglaient l’impôt collectif, s’impliquaient dans l’approvisionnement et la gestion des ressources, maintenaient l’équilibre social en modulant la politique des prix et du temps de travail. Les foires et les fêtes patronales  rythmaient annuellement la vie communautaire. La sécurité était assurée par des milices, et nul n’était exempt du service du guet. Les couvre-feux n’étaient pas rares, et le tocsin servait d’alerte au paroxysme du danger.

 

            L’exclusivité accordée aux résidents interdisait quelquefois toute concurrence à quelque quatre-vingts lieues alentour, dans le domaine de la faïencerie, de la peausserie ou de la métallurgie…, de quoi faire rayonner très loin  la renommée des savoir-faire locaux.

 

Ces privilèges ont été abolis à la Révolution Française, mais leur souvenir** imprègne, sous-jacent,  l’esprit de certains bourgeois d’aujourd’hui.

 

            * singulier et  pluriel tolérés

            ** Singulier obligatoire

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