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Le secteur des Truffiers de Génération Mouvement organisait jeudi à Cornille son concours annuel de dictée. Une fois encore sur un texte plein d'embûches, et de chausse-trapes, il a fallu déjouer les pièges. A ce jeu deux de nos adhérentes Clermontoises ont pris les deux premières places et ont emporté la coupe, et un livre en récompense, Bravo à tous les participants !
La journée s'est poursuivie par un bon repas au restaurant du village, et par la visite très intéressante de la poterie de la Fayardie, qui mérite le détour. Elle nous a été présentée par l'artiste en personne, passionnée et très productive.
En guise d'entraînement voici le texte de la dictée proposée :
Dans l’atelier du potier
Il est rare que l’on voie d’emblée ce qui surgira de la masse informe et chaotique que l’artisan potier a plaquée sur son tour pour la façonner. Les mains puissantes et caressantes de ce démiurge ont pourtant tôt fait de produire une forme harmonieuse qu’on n’aurait pas imaginée et qui, sa silhouette et sa physionomie s’affinant peu à peu, se présente à nos yeux avec son affiliation, son identité, sa fonction souvent héritée d’une lointaine tradition.
Le choix du matériau, argile gréseuse ou sigillée, kaolin, gypse ou feldspath, a déterminé par avance le coloris et la résistance de la pièce ainsi créée. L’engobe appliqué, à l’aspect brut se substituent des motifs et des teintes adaptés aux goûts spécifiques de l’artiste et de sa clientèle. Le caprice maîtrisé du four à bois, où règne une atmosphère tantôt oxydante, tantôt réductrice, et la fumée émanant du bouleau consumé, ajoutent leurs effets aux couleurs, ici rouge brique, là bleu de Prusse, que les peintres ou les émailleurs ont choisi d’obtenir en finition.
Ainsi parés de leurs atours, chefs-d’œuvre des arts décoratifs, ces porcelaines enluminées, ces faïences vernissées, jusqu’à ce grès s’érigeant en potiche, gonflant son ventre de parvenu sous sa tunique bariolée, quitteront bientôt ce fonds de commerce pour venir trôner orgueilleusement dans nos demeures. Ils contempleront avec dédain sur les tables rustiques, du haut d’une crédence, ou à travers la vitre protectrice d’un précieux vaisselier, leurs congénères, assiettes, bols, et autres saucières, vils objets culinaires encore tachés de traînées grasses, réduits à leur servilité et vieillis prématurément par des années de plonge quotidienne.
Quelle que soit sa destinée, une chose est sûre, dans sa lutte contre le pot de fer, le frêle pot de terre a partout triomphé. Les ferblantiers n’ont plus la cote.